Pour le malheur et pour le pire. Sous le voile, l’épouse.

Subitement, comme une claque, le passé fait gicler sa peinture sale sur la toile du présent. Tranquillement je peignais ma vie, et voici mon tableau dégoulinant.

Après avoir intégré intellectuellement qu’une actualisation d’un mécanisme passé dans une situation présente est une illusion d’optique temporelle, il s’agit de l’intégrer vraiment.
Deux espaces/temps n’ayant absolument aucun lien, si ce n’est dans l’esprit de l’individu concerné, entrent en collision, pour le malheur et pour le pire.

Il n’est pas compliqué d’observer que cette collision crée de la tension intérieure. Une once d’attention suffit.
La vrai difficulté consiste à ne pas tomber dans l’erreur (facilité?) de croire que la scène passée est à subir dans le présent de la même manière que nous la traversions dans le passé…dans la douleur.
Avec cette scène projetée dans le présent, suivent, telle une queue la comète, les émotions, impressions, états d’êtres du passé….Sauf que: ils n’ont plus leur place dans l’être que nous sommes, et les outils, cognitifs, instinctifs, que nous avons à notre disposition pour interpréter, filtrer, intégrer ce stimulus d’un autre temps, sont aussi très différents.

En cela, ce jaillissement de la condition passée dans le présent est une chance, une opportunité déguisée en tension inattendue.
C’est un être inquiétant, voilé d’une mousse opaque, qui apparaît toujours au coin des ruelles sombres de nos vies. Au milieu des rires, comme un rappel. Au milieu des nuits, comme un glaive suspendu.
Si cet être de l’ombre apparaît encore aujourd’hui, allons à sa rencontre, et voyons l’épais brouillard de dissiper au fur et à mesure que nous approchons plus près. Enfin soulevons le voile de tristesse et voyons l’épouse patiente, attendant que nous la connaissions.

Souvent, le simple constat, simple par sa teneur, mais difficile par la prise de recul qu’il nécessite, que le passé appartient au passé, inhibe les automatismes d’emprise du passé sur le présent.
Je ne peux être responsable de l’incapacité des autres à comprendre cela. En revanche, il m’appartient de ne pas me laisser entraîner dans leur chute lorsqu’ils se prennent les pieds dans leurs haines passées. On ne peut digérer pour autrui.

NiDr

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