Spiderman Vs Spiderman

La colère, ces jets acides de mots douloureux, lancés à la tête d’un autre dans telle situation, est une toile d’araignée épaisse et gluante, dans laquelle 1000 fois je suis resté scotché.
Comme un mouche lamentable, je me débats et buzz en retour une agressivité autant frénétique qu’inutile.

Une fois pris dans les cordages de la colère, aspiré et inconscient de l’être, les choses s’emballent et nous hurlons à notre tour en réponse à l’attaque subie.

Nous prenons alors l’autre dans ce même piège, par rebond, par jeu de miroir fulgurant.

Mais une fois cette toile lancée, ce cordage se resserre sur celui qui se débat.
Cesser de lutter, c’est réaliser que ce piège placardé sur nous n’a absolument rien à voir, ni avec nous, ni avec la situation qui l’a vu naître.
L’erreur, c’est précisément de croire que nous sommes la cible et que la situation déclenche le processus car elle déclenche le mécanisme de défense.
La colère est simplement le cri de celui qui s’en prend à lui même, qui s’applique ce piège à lui même.
C’est bien la première étape. Simplement, avant d’être en colère contre nous, l’autre est en colère contre lui même.
La suite n’est que ricochets automatiques (potentiellement dramatiques).
C’est en le laissant glisser sur nous par immobilité, en écoutant ses résonances profondes que nous pouvons nous libérer.

Et pourtant….
Libres. Nous sommes et demeurons libres de ne pas réagir, de ne pas saisir le piège de cordes, de ne pas refléter la colère d’autrui contre lui même.
Au sein de cette non-réaction, la liberté est infinie.
Il faut la goûter pour le savoir. Il n’y a rien à comprendre, il faut goûter.
De manière irrépressible, elle écarte les commissures de nos lèvres et laisse échapper un bonheur sourd, profond, un cri de joie, puissant et intime.

Après avoir choisi de ne pas refléter, il doit être possible d’accueillir la colère de l’autre.
Il suffit parfois de modifier d’un dixième de degré l’angle du miroir pour qu’il amène la lumière jusqu’au fond de la grotte.

Cela n’a rien à voir avec la connaissance, avec le bruit et la fureur, avec les dents serrées de l’effort…
Tout à voir avec le savoir être, le silence et le calme, le sourire délicat et aimant.

NiDr

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