Prochainement sur vos Écrans : le Sage à Hollywood

         Le sage-en-devenir est à lui-même son plus grand divertissement. Il n’en finit pas de traverser les strates de ses pensées puis de ses non-pensées.
Il ne se pose plus la question d’un nouveau divertissement mais se questionne ainsi:

-« de quoi n’ai-je de cesse de me divertir? »
-« pourquoi faut il sans cesse que je m’en divertisse? »

Il est peu étonnant, au demeurant, de constater que lorsqu’on porte un regard large et tente d’embrasser toute la sphère de l’entertainment, on ne voit que misère de l’âme grimée en agitation frénétique de surface : imbroglios sans intérêt déroulés au kilomètre… 

Comme si les voiles opaques de nos pensées ne suffisaient pas à nous éloigner de la joie.. 

L’empreinte  gluante du  dentiste remplit toute la bouche, couvre le moindre interstice, ne laissant que le nez comme unique salut à qui voudrait, simplement, respirer.

De même, la marée épaisse des histoires intenses, inutiles, langoureuses, noires, romantiques, exotiques, policières… couvre les cerveaux caverneux jusqu’aux derniers recoins d’autonomie, jusqu’au plus dissimulés des puits de sagesse.

À mesure que le niveau monte (ou baisse), le consommateur se sent d’autant plus plein de lui-même. En réalité, il est très efficacement divertit de lui-même et de toute aspiration à se rencontrer. 

Divertissement coûteux, l’air de rien, à longueur d’heures d’écrans, de thrillers, de radios…

…de pop songs où s’epanchent les néants abyssaux d’interprètes convaincus que le monde attend les mises en scène calibrées de leur monde intérieur– catharsis en miroir où le vide de l’un stimule le vide de l’autre, au point de le maintenir, de l’entretenir dans la quête d’entertainment prêt-à-porter.

Une fois ces faits ressentis, saupoudrez-y trois cuillères à soupe de mondialisation, faîtes quelques pas de côté, et posez-vous les bonnes questions, pour peu que cette expérience ne vous ait pas laissés trop blêmes.

D’où vient la force d’ignorance qui nous pousse à nous baigner dans les eaux qui nous noient?
La même semble-t-il que celle qui nous tire toujours plus loin le long d’intrigues diverses. 

La même qui nous met entre les mains des produits inutiles d’un magasin dans lequel nous n’étions pas censés rentrer. 

La même qui nous cheville au corps l’insatisfaction chronique et l’érige en mode de vie. Celle là qui pousse à l’achat du 4×4, de l’iPhone xxl, qui fait grandir en nous l’idée que le poste du n+1, finalement, nous irait mieux, que le dernier sera médecin ou avocat, que la chirurgie esthétique de confort est un cadeau du ciel à notre époque.
Pour parvenir à ces reponses il faut creuser la question suivante : une fois ces elucubrations fantasmagoriques ingurgitées, s’en trouve-t-on vraiment reposé ? Alors, quelle est la partie de nous qui réclame : un nouvel épisode, le dernier album de.., ? 

Est-elle un jour comblée ? Et dans combien de vies ?

À vivre la tête dans le sable, on finit par habiter ses propres ténèbres.

Regardant le monde qui se regarde, le sage pleure — ou pleure de rire.

Il connaît les difficultés et l’ardeur que requièrent les univers intérieurs à démêler. Il sait l’âpreté des chemins et le pouvoir de fascination des scénarios personnels qu’il faut dé-jouer.

 Il connaît les ressources qu’il faut pour affronter les héros de ces mondes lorsqu’ils s’érigent entre lui et le réel.

Mille fois, sur le coussin, il a remis son ouvrage.

Lorsqu’il voit les yeux assoiffés des hommes qui tournent et retournent dans les mondes factices et s’en nourrissent en inconscience totale, qui deviennent ce qu’ils voient et ne voient pas ce qu’ils deviennent, alors,

Comment pourrait il être sage et ne pas les aider ?

Franck

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