Extinction des Feux

Une heure de la nuit.
Réveil brutal et palpitations.
Idées tournoyantes qui assaillent par marées successives,
Par vagues à lames acérées.
Disproportion et obsessions acides, futilités brûlantes.

Impasse fréquentée tant de fois que l’étonnement étonne.
Houle violente et fracas de voûte crânienne contre un coussin moite.
L’épuisement total au bout de la piste. 
Au bout de la piste, le jour nouveau.

Mais à plat ventre, comment goûter le soleil?

Cette énergie négative, sauvage et soudaine, ce flanc huileux prêté à la complainte sempiternelle, cette déferlante de victimisation, cette accablante anxiété surgit au cœur de la nuit et me projette au centre des attaques du monde hostile, des proches éloignés et des lointains amis.

Cette relecture infernale des schémas qui se jouent dans les relations quotidiennes,
Cette réécriture impossible qui pourtant essaie avec obstination…

… C’est une expression dynamique, hautement inconfortable qui indéniablement m’habite, mais ne me définit pas.
J’en suis l’hôte et je l’héberge, non pas par choix direct, puisque cette vague me submerge au milieu du sommeil, mais par consternation.

Elle s’invite, tel un ami d’antan, encombrant et grossier qui s’impose à ma porte muni de ses lourds bagages. Elle sonne à la porte et s’engouffre avant que je ne puisse lui proposer mon hospitalité.

La bonne nouvelle est que ce foyer intérieur qui se voit contraint d’accueillir cette émotion violente et intrusive est infiniment modulable et extensible.
Les pièces qui composent ce logis s’élargissent autant que nécessaire pour laisser cette brute émotionnelle s’installer, s’exprimer, s’éventer, se faire reconnaître, se laisser surprendre par une écoute, se calmer, se taire, attendre, se demander ce qu’elle fait encore là à cette heure de la nuit, et enfin partir, comme elle est venue, laissant la place à la chaleur du foyer.

Durant tout le temps de cette intrusion, cet esprit maternel n’a jamais cessé d’être présent et d’écouter- serait-ce de loin- avec la sérénité et la douceur du regard de celle qui connait intimement la teneur d’une intuition, la valeur d’une souffrance.
-Une compassion.

Egalement présent depuis toujours, cet esprit paternel, qui connaît le fond des âmes et les mouvements élargis de la vie. Jamais, il n’a cessé de contempler ces schémas qui agitent le monde– eut-il été discret– avec la patience profonde de celui qui s’est lui-même perdu à les arpenter et attend de l’autre coté du rivage que la traversée suive son cours.
-Une sagesse

Cette sage compassion, cette aimante sagesse, ne peut retenir le sourire qui naît aux coins des lèvres de l’hôte, alors qu’il se souvient à peine de ce qui fit surgir l’irrépressible effroi il y a quelques minutes seulement, et maintenant contemple les dernières poussières de terre qui pigmentent encore le sol après que les semelles bruyantes de l’invité aient quitté le quartier.

Au dehors, toujours la nuit.
La même obscurité qui embrasse tout,
Elle apaise les cœurs agités,
Elle abrite les âmes épuisées.

Franck

 

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