Yeux fermés.
Le fantasme d’un travail que l’on mériterait, au service d’un employeur qui nous mériterait.
Le fantasme d’une famille au sein de laquelle régneraient la compréhension fluide et la sécurité psychologique, une stabilité douce et aimante.
Le fantasme d’un avenir fait de liberté d’aller et venir sans comptes à rendre, sans freins financiers ni limitations contextuelles d’aucune sorte.
Le fantasme d’une parole reçue, chargée de promesses, mouillée de pardons, le rêve d’une étreinte salvatrice où tous les maux accumulés, denses et opaques se dissolvent dans l’instant.
L’apparition au coin de la rue, derrière la vitre du bus, à la table d’à coté, de l’être compatible, avec lequel tout sera simple. Mieux qu’une moitié complémentaire, une moitié superposable. L’autre moi qui n’est pas un autre que moi.
Un savoir faire visé vers lequel on s’obstine à tendre, et qui viendrait parachever l’ensemble de l’édifice personnel pour y sublimer en apothéose éternelle ces talents latents.
Yeux ouverts.
Le fantôme d’un emploi inutile pour alimenter des proches distants, avec pour seule ligne de mire, un futur présent.
De fantôme en fantasme, de fantasme en fantôme. La frustration alimente le fantasme et le fantasme met le voile sur le fantôme.
Le spectre du désir d’autre chose s’agite. Alors, c’est tout le potentiel de réalisation qui est offert par l’expérience de la réalité qui s’effrite.
Ignoré, inconnu pour l’heure, ce potentiel se mue en créature drapée.
Intouchable, évanescente, cette créature se dresse entre nous et l’opportunité de transmutation de l’inconfort situationnel.
Dire ‘non’ à ce qui se présente, c’est se croire plus intelligent que la vie.
Franck

Ouh lalalalala…. j’adoooooooree ! Superbe 🥇
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Lucky Luke;…..Tu vas tellement vite que bientôt tu pourras commenter avant même que je l’écrive….bon dimanche à tous!
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