L’Escalier de la Méditation

Méditer, c’est parcourir les cavernes rocheuses du périple vers soi.


Il peut être bon de méditer comme on descend un escalier un peu abrupt et mal éclairé: e
n faisant des pauses de temps en temps. Prendre le temps, le long de la route, de connaître et de reconnaître les lieux.

Sur le chemin des profondeurs insondables, mieux vaut assurer nos pas.

Pratiquons cet alpinisme à l’envers, où nous partons du sommet superficiel pour parvenir au cœur de la montagne essentielle, au centre de la roche, au fond de la Terre.
Là où la vie bat son plein.
Là où la Vie bat pleinement.

La Vie Vit Là.
La vie, vis-la…

Le magma diffuse et irrigue jusqu’au croûtes d’humus où les arbres puisent,
Jusqu’au pointes de branches où les oiseaux s’apaisent,
Jusqu’aux fibres de plumes qui caressent le ciel…

En pénétrant les tunnels caverneux, faîtes confiance au Guide.
Il y a en vous à la fois le guide et celui qui n’a jamais posé un pied plus bas que l’autre sur l’escalier intérieur. Ecoutez, discernez. D’un coté celui qui pense savoir, de l’autre celui qui sait.


Afin de garantir une qualité de concentration continue, nous pouvons joindre les mains et les conserver jointes quelques secondes. Et, sans regarder derrière nous la distance parcourue ni se pencher en avant vers l’obscurité qui se fond dans la nuit du temps, simplement rassembler notre concentration et se rappeler que c’est bien l’Escalier que nous sommes en train de descendre et que c’est le sens de nos vies que nous suivons.

L’Escalier est unique mais ses chemins sont multiples. Les marches sont déjà creusées pour nous dans la roche caverneuse. Pourtant elles semblent émerger de l’obscurité et se densifier alors que le pied avance pour y reposer.

Régulièrement, se reposer. Les mains jointes, remercier, respirer, se centrer.

Autrement, à mesure que nous avançons, les nuages de fumée noire peuvent nous faire rebrousser chemin et remonter quelques marches.
Joindre les mains, respirer, se souvenir qu’il n’y a rien de grave et que ces nuages noirs, aussi terrifiants et surprenants qu’ils puissent nous apparaître, sont projetés depuis nos propres profondeurs. Ils sont une expression, une forme transitoire, une réminiscence.
Joindre les mains, respirer, ils se fluidifient, s’estompent et disparaissent.

Autrement, l’engouement immature, l’exaltation fébrile, peut nous faire dévaler quelques marches.
Joindre les mains et écouter la respiration rejoindre la vague profonde. Se souvenir qu’il n’y a rien de grave. Des milliers de personnes, des milliers de fois se sont retrouvées quelques marches plus bas, sans reconnaître ni comprendre pourquoi les roches sont subitement aiguisées et les reliefs plus hostiles.
Au contraire, mille personnes, déjà, ont été happées, enivrées par les couleurs chaudes, les odeurs d’encens, les chants somptueux des métaux organiques, les résonances parfaites.
Joindre les mains, se recentrer, écouter les sons  et sentir les encens depuis l’intérieur.

Apprécier leur magnificence un instant et voir les marches suivantes qui se dessinent alors que nous respirons en confiance. Du fond de notre être nous suivons le chemin.

Autrement, les mots des autres, ceux qui s’emboîtent si facilement dans nos fragilités argileuses de nos peurs, creusent des galeries vers des voûtes annexes, des chambres caverneuses, où nous pouvons nous perdre et perdre notre temps.
Temps précieux, temps infini.

Le Guide que nous sommes sait que ces confortables grottes sont peuplées d’âmes qui écoutent d’autres âmes. Leurs discours, en écho mathématique, rebondit indéfiniment de parois en parois, et la confusion exponentielle endort et séduit. Contre les piliers de livres identiques, les mains se réchauffent. Certains se prosternent.

La chaleur s’évente instantanément, et à chaque prosternation, les pièces scintillantes tombent des poches.
Les mots faciles, les paroles de velours, la promesse de raccourci vers le cœur de la Terre…
Une fois encore, somnoler dans ces cavernes d’or n’est pas grave.

Joindre les mains, respirer en souriant de nos égarements. 

C’est aussi en perdant sa route que l’on dessine le chemin.

Franck

 

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s