Karmas de Couleur

Bêtise collective

     De la même manière qu’il existe une intelligence collective assurant la cohésion  et agençant au mieux les modalités d’une structure (ruche, fourmilière, organisation humaine), sans qu’un ‘grand décideur’ n’impose verticalement une marche à suivre, il existe une bêtise collective, qui garantit l’effondrement, la dégénérescence des structures sans qu’aucun plan machiavélique n’ait été fomenté par qui que ce soit, sans qu’aucune thèse conspirationniste ne soit validée.

En soi, la bêtise collective n’est rien. Elle est la non-présence d’intelligence collective.
Là où cela devient problématique, c’est qu’elle donne lieu à un effet d’emballement, propre à la non cohésion, à la désagrégation.
Au cœur des forces qui s’attisent, lorsque la déconstruction s’opère, apparaît l’entropie, caractérisée par l’accélération.

Le bien commun n’est pas pensé, il se pense tout seul.
C’est en cela que l’intelligence est collective.

Inversement: l’univers décérébré au sein duquel le plus crétin est fait roi par ses semblables, est la production de l’ignorance collective. C’est peut-être cet aspect mécanique, automatique, non conscientisé que l’on appelle le karma.

Karma

L’application des dynamiques énoncées ci-dessus à l’échelle de l’individu est parlante.
L’intelligence personnelle est l’expression des forces en mouvement chez l’individu. Dans le cas de l’ignorance, également, l’individu ne se pense pas mais est pensé.

Il est mu par l’ensemble des ces manifestations qu’il incarne à un certain instant mais qui de leur coté s’incarnent en lui. Et si les ‘matières spirituelles’ sont parvenues à maturité en lui, y est-il vraiment pour quelque chose? Ou faut-il le blâmer?

Les forces en mouvement s’expriment à l’échelle des vies, à l’échelle d’une vie, mais aussi en une seule de nos journées. Elles s’activent à une plus large conscience et/ou œuvrent à un plus grand chaos.
Elles traversent l’individu et s’entretiennent avec lui. Si elles élargissent les perspectives de l’individu, elles reflètent’un dialogue constructif entre elles et lui.
S’il en résulte, à l’échelle sociétale, une ignorance collective, il s’agira des fruits successifs de dialogues pour rien.

Elles le traversent et le nourrissent, lui, les entretient. Elles ne relèvent pourtant pas de lui seul. Elles s’achoppent ou s’accrochent entre les individus et s’échafaudent à des niveaux supra-individuels pour créer des karmas, des dynamiques collectives.

Intelligence ici, bêtise là-bas.
Connaissance là, bêtise ici-bas.

Ces énergies ne sont pas si éthérées que nous pourrions le souhaiter. Il serait en effet bien pratique de les concevoir comme relevant de sphères totalement inaccessibles. Nous en serions alors strictement les jouets. Le conditionnement serait comme imbécilité: heureux.

Il n’en va pas de la sorte et il ne s’agit donc pas de se laisser porter par les flots vaporeux des énergies du moment. Il n’en est (presque) rien.

Bien sûr, elles nous traversent, mais à leur manière et non pas comme une comète parcourt le vide sidéral.
Plutôt, il en va de ces énergies, ces résidus qui se fondent, se refondent, se coagulent et s’échappent, comme d’un crayon de couleur qui traverse la page blanche en traçant une ligne, puis deux, puis trois, puis douze, jusqu’à ce qu’émerge une forme: nous, ce que nous prononçons, pensons, faisons, à un instant.

Le dessin, cette forme émergente, est le résultat des centaines de milliers de petits points de contact entre la mine et le papier.
Généralement, on n’y prête pas attention et on considère l’image en devenir lorsqu’elle commence à être lisible. Pourtant, si on adapte le regard, on distingue très bien chacun des micro grains déposés sur le papier. Chacun des petits points de contact est une émotion, une pensée. Elles finissent par esquisser une ligne, une courbe, une tendance, une forme.

Ces points de contact forme la courbe de notre quotidien et quelques unes des ces lignes font notre vie.
C’est au point de contact que la feuille rencontre le crayon et la main qui le tient.
Chacun de ces petits grains est une occasion pour la feuille de sortir de sa double dimension et de faire corps avec ce qui, par elle, advient.

Chacun de ces petits grains est une porte d’entrée vers la connaissance,
Chaque pensée, chaque émotion est une porte de sortie de l’ignorance.

Franck

 

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