La Pâte à Karma (le Karma à Modeler)

-Bon… Alors comme ça nous nos actions laissent derrière elles une trace ?

-L’ensemble des mailles du filet cosmique est ainsi imprégné des couleurs et attributs de nos actions. Et des courbures qui lui sont ainsi conférées naîtra l’expérience qui fera notre monde.
Ce que l’on nomme « empreinte karmique » : la trace laissée dans mon esprit par une action.

-Bien sûr que la nouvelle n’est pas bonne. Asseyons-nous ensemble dix secondes pour digérer, si vous voulez bien.

Et quid de mon droit inaliénable de jouissance infinie? de mon impunité adolescente?
Et la libre disponibilité des âmes alentour?
Outrage! Ne suis-je pas libre d’opérer comme bon me semble ?

-Si, si, sans aucun doute…Le mur, cependant, il te faudra te prendre…
Et ce n’est pas tout, cela concerne tes actions, mais aussi tes paroles, ainsi que tes pensées..

-Et ma vie privée ? Mais…Mais, c’est anti-démocratique, cette empreinte karmique. Ma liberté d’individu ? Ne puis-je pas, au moins, penser ce que je veux, sans que cela n’impacte mon intégrité de citoyen ?
Mon droit à l’oubli ? Il doit bien y avoir une C.N.I.L. intergalactique ?

-En toi, toute l’informatique et toutes les libertés,
Tous les régimes et tous les citoyens.


 

Chaque action impacte le grand bassin de décantation, chaque mouvement de ma part sème dans la forêt magique et souterraine.

La partie émergée, éterregée de la forêt du monde n’est rien en comparaison de la densité, de la richesse foisonnante, des luxuriantes connections qui s’établissent sous la surface.

Nous en sommes les uniques jardiniers,
Mais elles poussent sans nous…
C’est la nature des racines de s’entremêler.

Les gestes, les paroles et les pensées
Sèment follement à longueur de journées.

En comparaison d’une telle profusion, 
Les processeurs et leurs calculs semblent bien linéaires..

A mesure que nous progressons dans le sous-bois de la vie
Pousse la mousse sous nos pieds.
Merveilleuse expérience !

Conditionné, dit-on, tout est conditionné.
L’empreinte karmique est l’effet de l’action. Elle est elle-même sanction. Le prix à payer est immédiat. C’est directement que s’élabore la sombre réverbération du méfait.
De par les ramifications et la souplesse du système, cependant, les modalités de paiement sont modulables à l’infini, elles-mêmes influencées par l’abondance des ramifications.

L’empreinte karmique est directe.
Bien sûr, elle mûrit. Mais la forêt de racines stellaires se verra colorée des fruits plus ou moins amers de notre action.
Un jour, cette action passera de l’autre coté. Elle percera la croûte terrestre et se manifestera à nous.

A ce moment, l’ignorance de cette sous-jacence nous portera à penser que surgit le résultat, la rétribution néfaste pour un méfait passé, et que notre inconscience d’antan doit régler la note avant de pouvoir quitter les lieux. Et cela, même si depuis la commission de l’infraction aux règles de l’univers elle a su se parer des plus purs attributs, des robes les plus blanches.
C’est ici la manifestation d’une forme d’infantilisme, fruit d’une sur-simplification des processus inhérents aux phénomènes.

En matière karmique, les choses ne sont pas si simples. Ce qui rend quand même les choses beaucoup plus simples.

Expliquons nous: la vision du déroulement des évènements sous une forme immuable, inexorable est pratique pour notre machine à concept du fait même de cette vision figée (et le biais d’intégration se transmet d’autant plus facilement qu’il se manipule avec aisance).

En revanche, l’absence dans la réalité d’une forme arrêtée de ce jugement de valeur quant à nos actions (pensées, paroles…) rend la matière karmique beaucoup plus malléable.
Cela simplifie considérablement notre tâche d’humains.

(Cf notre tâche d’humains :  Karmic Designers )

A l’instant où je cesse de ne pas nuire, les graines karmiques (malhabiles) entrent en action.
Par opposition à la compréhension traditionnelle des concepts de paradis et d’enfer, elles ne tombent pas dans l’une ou l’autre de ces grandes cuves étiquetées respectivement « bien et « mal » en attente du grand décompte final.

Sous la terre, elles commencent sans faillir leur travail d’embranchement, leur fine connectique. Les réseaux de radicules  croissent, se connectent, se meuvent, se font et se défont en permanence.

Si je demeure à l’écoute, je peux les voir dessiner ma vie, à mesure qu’elle se déroule.
L’enfer, le paradis, les terres intermédiaires se décident alors en conscience ou en inconscience, mais sont toujours le résultat — direct, indirect, compréhensible ou imperceptible — des faits, gestes et pensées.

Suis-je à l’écoute du monde que je crée?

 

Franck

 

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