« La méditation, c’est pas pour moi… »

Certaines personnes pensent que la méditation n’est pas pour eux, car, disent-elles, leur esprit s’emballe une fois assis sur le coussin et cela les angoisse.

Voici la grande nouvelle: l’esprit ne s’emballe pas pendant la méditation… Ce n’est pas le fait de s’asseoir qui crée le tumulte mental:  la méditation est l’occasion de le voir s’emballer.

Ce qui devrait beaucoup plus sérieusement être source d’angoisse,  est le fait que vous ne le voyiez pas s’emballer en dehors des séances de méditation.
Cela signifie que les vents qui soufflent sur le village des pensées sont tellement violents qu’ils font voler tous les habitants au sein de la tornade. Il ne reste personne au sol qui pourrait dire:

-« Tiens, il y a quand même pas mal de vent aujourd’hui ».

Imaginez un peu : avoir atteint un niveau d’absence à soi-même tel, que l’on ne peut constater cette absence.

D’une manière similaire, l’addiction se constate avec le plus d’acuité en phase de manque.
Sur le coussin, c’est le manque cruel de stimulation extérieure qui semble exciter l’esprit. Il se stimule tout seul pour ne pas sombrer dans le silence, il cherche à compenser.
Patchs, nicorettes, bâtons de réglisse chewing-gums, tout y passe — et en même temps le plus souvent.

Le sevrage tabagique permet d’entrevoir la vraie capacité respiratoire, celle qui a toujours été là, mais que nous engluions dans le pétrole des cigarettiers.
L’absence de stimulations extérieures permet d’entrevoir l’ampleur de l’espace d’où elles émergent toutes. Cet espace a toujours été présent. Nous découvrons que toutes les stimulations, toutes leurs imbrications potentielles, ne peuvent suffire à l’engluer.

Assis en méditation, lesté par le coussin, vous pouvez voir la tempête.
Assis en méditation, lesté par le coussin, vous pouvez voir la tempête…. passer.

Lorsque vous dîtes: « la méditation, c’est pas pour moi, mon esprit s’emballe et ça m’angoisse, » vous venez en réalité de faire connaissance avec votre liberté.
Malheureusement, vous traitez cette liberté comme vous le feriez du plus grand des maîtres spirituels, qui tendrait la main sur la place du marché, vêtu de guenilles …
« Le marché, c’est pas pour moi, il y a trop de mendicité.

C’est votre propre nature d’observateurs conscients que vous manquez.
Heureusement (ou pas), on peut retenter sa chance, à chaque assise, à chaque coin de rue, à chaque vie.

Franck Joseph

©FJ Nov 2018 

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Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

6 commentaires

  1. Oui, la méditation est à la portée de tous,.
    C’est s’assoir simplement, tous les jours, sans but,
    Sur le zafu laisser passer les nuages,
    Et laisser percer les nuages aussi,
    Quelle que soient la pluie ou l’orage qu’ils contiennent
    Et observer

    On dit bien qu’il n’y a pas de mauvaise méditation 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Merci. Oui, effectivement, c’est bien de se souvenir qu’il n’y a pas de mauvaise méditation.. surtout lorsque les vents soufflent trop fort…

      J'aime

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