Le Mental : Un ami qui vous veut du bien

Tare collante
Chercher à comprendre est souvent une perte de temps.
Cette démarche de mise en ordre est toujours entreprise depuis le lieu même du chaos.

Les choses du monde s’agencent bien au-delà de l’intellect et de ses capacités de saisie.
Cette tentation d’explication a posteriori, par voie cognitive traditionnelle est finalement un archaïsme.
Pourrait-on  nommer cette saisie atavisme ?
Il convient de reconsidérer ces restes de tentatives à comprendre le monde ainsi que leur place dans la liste des priorités pour ce faire.

Au fond du bus !
La place de l’intellect est derrière, au fond du bus, pas au volant.
C’est une lourdeur, un ami attachant, mais lent.
En verbeux, il valide pompeusement ce que nous avons perçu il y a déjà longtemps.

Souvent enduit d’un sentiment de fierté, ce mental tricoteur de concepts s’étale comme un beau frère au repas de pascal. persuadé depuis d’être le comique de service, il se répand en blagues envahissantes, pendant qu’un sourire poli, gêné, orne les visages des convives patients.
Soyons pour nous-mêmes le beau frère de ce beau frère.

Graduel ou Subit ?
La fulgurance de la validation instinctive et les éclats de vérité qu’elle propulse au niveau physique et au delà n’a vraiment rien à attendre de cet ami cérébral.
c’est  à elle de le prendre par la main, de le regarder au fond du fond alors qu’il  reformule et catégorise à tout-va, et de l’aider à évoluer. Lentement guidé par la main sereine d’une vision large, ou brutalement, comme un atterrissage impromptu (cf Atterrissage d’Urgence)


Notre société moderne est fondée sur les discours de cet ami lourdaud.
Mais les mots de l’intellect, pour peu que nous n’ayons rien de mieux à faire que de les disséquer, sont gorgés d’égo et de peur. Comme le beau frère bruyant qui dissimule un mal-être par un recours grossier à l’humour (voire, pour les cas les plus douloureux, un recours à l’humour grossier), les mots de l’intellect masquent par leur teneur en analyse et scénarisation, une appréhension viscérale à voir nu.
Ils sont encore incapables de disparaître dans un sourire.

Chercher à paraître, vouloir saisir et figer le processus, s’appuyer sur les mots pour donner forme au monde : c’est là toute la puérilité du mental.
Bouffi d’infantilismes, il nous promet la maturité.
Combien d’années nous faut-il encore passer à y croire ?

Franck Joseph


©FJ sept 2018

Poèmes, recueils, articles et romans disponibles en format papier : LIVRES ET RECUEILS

 

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