Un Tout-à-l’égo ? Pratique du Tunnel

La pleine conscience par ci,
la pleine conscience par là,
la pleine conscience, c’est bien,
mais pleine conscience de quoi ?


note: (1) Cette remarque s’adresse principalement au pratiquant peu expérimenté se trouvant projeté dans le grand bassin du non-duel, mais ne peut suffire à recouvrir la réalité de toutes les pratiques débutantes, de par le simple fait qu’elle ne prend pas en compte le potentiel d’une réalisation fulgurante.


La mindfulness est une pratique merveilleuse, une sauce épicée avec laquelle il est de bon ton d’assaisonner tous les plats du quotidien…

La pente de la critique s’empreinte sans trop d’efforts à la vue de ces effets de mode, et les diverses déclinaisons marketing plus surprenantes (déconcertantes) les unes que les autres achèvent d’offrir le flanc à quiconque s’érigerait en pourfendeur de pleine conscience.

Pourtant, je le répète, c’est une pratique merveilleuse. Une grosse séance d’épluchage des couches lustrées de nos univers fantasmagorique serait une saine démarche.
Les pages de ce blog s’y essaient assez régulièrement pour ne pas s’y appesantir une fois encore.

J’aimerais souligner l’intérêt de la pleine conscience, en tant que pratique toute simple.
Elle n’a en réalité que faire de nos livres, nos conférences, nos gourous à micros, comme de nos microgourous…
Ces supports, plus ou moins irritants ne sont pas au service de cette pratique.
S’ils ne la servent pas, ils n’hésitent pas à s’en servir.

En amont du bruit médiatico-bien-être, il s’agit bien d’une pratique à la simplicité désarmante. Littéralement hors-de-prix, elle se situe en effet en dehors des sphères mercantiles (d’où l’aberration des récupérations grossières).

Essayons d’ébaucher l’intérêt concret et pratique que détient la pleine conscience.

J’ai souvent le sentiment que l’absence d’un objet que l’on accolerait à cette pleine conscience tend à renforcer le sujet l’expérimentant. ( cf note 1)

En ayant les yeux sur rien, je gonfle mécaniquement celui qui le constate. La pleine conscience, mal perçue ou trop vite surfée, serait-elle un tout-à-l’égo ?

 

Présente sur un des embranchements de l’octuple sentier, cette conscience est dite « juste ».
La justesse ne consisterait-elle pas en une modulation du rapport sujet / objet.
Un mi-chemin entre un grand rien et un tout fantasmé ?

 

La seule optique pour éviter cette impasse serait alors d’unir le sujet et l’objet. Cette unification se ferait dans l’approfondissement (de la pratique)
Le sujet doit être autre que le moi de surface et l’objet autre que la clémentine que l’on pèle à longueur de séances de mindfulness, la porte qu’il convient d’ouvrir comme ceci, le bol qu’il nous faut sans cesse relaver, ou le caillou, qui n’en finit pas heurter le bambou.

A la fois autre,
et à la fois cela.

Souhaitable comme facteur de décentrage, l’objet est un outil transitoire,

Une porte qui ouvre sur un tunnel fini.
savoir que nos pas résonnent contre les parois du tunnel pendant un temps seulement Lorsqu’il débouche sur la nature vaste, à fleur de précipice, 
ni pas ni parois ne subsistent.
Peut-être les entend-on encore, mais la vue, imprenable, sur l’espace infini
suffit à ancrer l’entièreté de notre regard

 

Franck Joseph

(articles en lien: Besoin de Dieu ? (l’effet Chauve-Souris
« Alors comme ça, vous voulez du challenge?! »
Buddy Dogen et Master Zinn (…) )

 


©F.J sept 2018

Lien vers les Recueils en version papier :  RECUEILS

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