Une Vie du Mental

Tour à tour enfant, adolescent, homme pressé ou vieillard, nos tendances s’invitent dans notre vie intérieure.
Ces personnages sont doués, créatifs, et furieusement convaincants. Ils peuvent alors, par leurs talents, prendre en otage toute la demeure de notre être.

L’air de rien, cela dure une vie, ou plus.


Le mental est un enfant terrible.
Comme un gamin turbulent, sur-stimulant, toujours à nous brandir sous les yeux, un nouveau jouet, à nous agiter aux oreilles une nouvelle requête.
Cet enfant est en visite chez nous de façon plus ou moins intense.
Avec la pratique de la méditation, du recueillement et de l’observation, on apprend à le regarder du bout de la pièce, avec une patience savoureuse.
Il ne cesse pas d’agiter ses bras ni de parler trop fort pour autant.
Depuis le fond de la salle, ou de l’autre côté de la fenêtre, on attend tranquillement qu’il mûrisse.

Il devient ensuite l’adolescent arrogant, idéaliste parfois, strictement utilitariste, souvent. Ce profiteur, nous l’observons alors avec intrigue et intérêt depuis le chemin des années parcourues à marcher près de lui, puis à s’en éloigner pour prendre d’autres routes. Nous l’entendons encore pester contre le monde et haranguer les gens qu’ils croisent, afin qu’ils le rejoignent et qu’il se sente moins seul, ou simplement pour les vilipender.

On le retrouve plus loin adulte, homme actif, qui s’affaire en tout sens, imbu de son importance réelle ou fantasmée. Au sein de la sphère socio-économique, rien ne vient contrecarrer son impression d’utilité au monde.

Soudainement, il est le vieillissant écaillé et chancelant. S’ il parle encore de temps en temps, c’est pour rappeler un souvenir dont lui seul a mémoire, sans que cela ne soit lié à aucune des conversations du moment. Par soubresauts incongrus, il manifeste ses réminiscences d’un temps révolu où il était puissant.
Depuis le sentier qui traverse le village, on porte sur lui un regard de compassion, confiant qu’il va s’éteindre.

Rien à réussir ou à rater.
Il n’y a rien à faire ou ne pas faire
Lorsque la voie s’emprunte,
La voie s’emprunte.

Franck Joseph


©FJ sept 2018

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