L’Altruisme 2 en 1

Porter secours,
aider autrui

Voilà deux démarches difficilement critiquables.

Les élans vers l’autre sont unanimement saluées comme salutaires et quiconque s’essaierait à remettre en question une telle expression de sentiment altruiste prêterait incontestablement le flanc au lancer de fruits pourris.

Chose faite :
3,2,1 Shoot.

Ce que j’aimerais considérer, à la lumière du stylo, c’est le fondement même des vélléités d’aide à l’autre.
C’est de l’authenticité de cette intention que peut émerger l’efficacité du mouvement vers autrui.
Pourquoi ce billet ?
Quelque chose sonne faux dans les déballages contemporains du secours porté ici et là.

Premier point :
La puissance transformatrice de l’aide apportée à une personne dans le besoin est inversement proportionnelle à la vigueur de la communication relayant celle-ci.
En simple : plus on en parle …..

Souvent l’aide relatée prime sur l’aide effectivement apportée
L’autre devient alors un détour utile pour se dire, s’entendre, d’écouter.
Profondément, c’est un besoin de secours qui s’énonce quand un récit de secours se prononce.

Deuxièmement, l’énergie sincère et honnête déployée pour aider l’autre agit comme un écran occultant en m’employant à porter secours, je nie ma douleur et mon propre besoin d’être aidé.
La tendance sera alors à porter secours à tout prix, quand bien même aller remuer les conditionnements de l’autre est la chose la moins pertinente à faire

De façon perverse, l’intérêt de l’aidant sera d’entretenir la détresse de l’aidé.

Évidemment, ces processus sont subtils, inconscients, et les exposer ici ne remet absolument pas en cause la bonne foi des personnes qui s’adonnent, toujours malgré elles, à ces démarches altruistes.

Impliqués dans de telles relations ou désireux d’apporter une aide quelconque, posons-nous la question de savoir depuis quel endroit nous émettons ces souhaits :

Est-ce une fuite de notre propre souffrance, un détour extérieur socialement valorisé, validant ainsi notre déni d’intériorité ?
Quelle est la part d’attachement que j’ai face à la démarche altruiste ?
En quoi est-elle perçue comme nécessaire à mon échafaudage psychique ?

En guise de conclusion, il est important de souligner que, même si l’on peut interroger les raisons du secours que l’on porte quant à leur bien fondé et leur cohérence, porter secours est porter secours.
D’une erreur de perception, perçue par un prisme déformant, la lumière traverse quand même.


La magie de la transformation opère,
Au cœur des illusions, trouver la voie.
Du gluant de la boue, émerge le lotus,
Bonno Mujin Seigan Dan

Franck Joseph

©FJ Jan 2019
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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