Le vortex du mental, voilà l’enfer !
Il aspire tout : notre force de vie, les dernières miettes d’attention que l’environnement peine à ramasser.
Il nous laisse vides et gavés de nous-mêmes.
C’est un casse violent, c’est une effraction douce que réalise le mental.
Violent par sa portée et doux dans ses manières, le larron de l’esprit nous dérobe à notre dessein. Entre la source et nous, il dresse le barrage et empile les cailloux de désirs…
En barbotant dans la flaque ainsi créée, nous nous croyons dans le lac des montagnes.
Sans barre de fer, sans même un pas de velours, le voleur est entré, il a rempli son sac de nos biens les plus précieux…
Infiltré par la porte entr’ouverte de notre inadvertance ou de notre empressement, un a un, il s’est saisi de nos vêtements.
Entre ses doigts, il fait rouler nos bagues d’or avant des les déposer dans le fond de sa poche.
Assis dans le salon, nous l’écoutons parler. Il nous parle de nous, ce que nous préférons.
Sa voix suave accroche nos sourires fascinés.
Le baluchon rempli, le voilà qui s’assied à notre table, et se ravit que nous lui servions notre meilleur vin.
C’est sûr, il reviendra.
Peut être même qu’il recommandera l’adresse à d’autres brigands de son espèce.
Franck Joseph
©FJ Jan 2019
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