Cerveau Croustillant et Parallèle du Biceps

Saurait-on ressentir la matérialité des pensées ?

L’activité psychique engendrée par le mental n’est pas si immatérielle que nous pourrions le penser.
Il s’agit bien sûr, à un certain niveau des fruits vaporeux d’une activité électrochimique.
Cependant, la chimie et l’électricité sont avant tout des processus très concrets ne pouvant s’exécuter que s’ils s’appuient sur un matériel cellulaire, tissulaire tout ce qu’il y a de plus physique.

C’est celui ci qui fait le propos de ces lignes et dont au final, on parle assez peu.
Mais sans vis, sans engrenages d’acier, il n’y aurait ni projecteur, ni lumière, ni film, ni cinéma.
Saurait-on ressentir cet organe de manière charnelle, de la même manière que l’on perçoit une contraction musculaire sur un biceps ou dans les épaules ?

D’abords inconsciente, cette contraction apparaît soudain sous la lumière, au scanner de la conscience. Ainsi repérée, on y respire au travers et les différents éléments conduisant à l’apparition de cette contraction se désamorcent, ce qui conduit à la disparition de la manifestation ‘musculaire’.

Ainsi, le psychisme avec son lot de scléroses, de crispations, de voilages et de voilures, de boulons grippés de de vis qui tournent fou, n’est pas une bulle spéculative. Il est porté par la matière.
A son niveau, cette matière porte les traces palpables des différentes formes de ‘contractions’.
A aucun moment il ne s’agit d’aller contre les plus basiques des vérités physiologiques en affirmant que le cerveau n’est ni plus ni moins qu’un tissu musculaire.

L’objet du propos, par le détour du parallèle du biceps est d’attirer l’attention du méditant ou du praticien de la conscience sur les sensations subtiles et discrètes du cerveau physique. Pas de visualisation alambiquée, pas de projections éthérées. Simplement, du physique.
L’écoute attentive des rythmes et micro crispations de cet organe est alors une étape menant vers une plus grande réceptivité.
Les rouages porteurs du psychisme peuvent également être illuminés du faisceau de conscience. Par le dé-grippage qui s’en suit, ils cessent de sous-tendre la spirale des pensées.
Apaisé, l’être se goûte dans sa globalité : c’est globalement et sans focus cognitif obsessionnel (je ne dois pas penser / mais quelles sont ces pensées ? / je suis encore en train de penser…) que l’on goûte enfin le bonheur d’être.

Sur le micro trottoir des différents points de blocages du corps nous tendons souvent l’outil d’écoute aux mêmes passants. Les épaules, les genoux, le cou, et les mâchoires nous donnent des informations riches d’enseignements. Il n’est peut-être pas inutile de tendre le micro à cet organe silencieux qui attend dans le fond et observe toute la scène.
Nous nous apercevrons alors que c’est à tort que nous le pensions muet.

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Franck Joseph


©FJ Dec 2018
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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