La Pleine Conscience : De Shakyamuni à Maharshi

Ramana Maharshi focalise son approche sur une question très simple.
Il s’agit de Vichara (self-inquiry) : orienter sa recherche sur cette question :

-Qu’est-ce que la pensée-je (the ‘I-Thought‘) ?

Puis se maintenir aussi longtemps que possible dans ce qui émerge de ce questionnement profond.
Tout est là.

Ramana Maharshi saupoudre ce cœur d’enseignement d’épices diverses et variées, en fonction des capacités de compréhension et d’intégration des personnes qui le questionnent.
En réalité, tout ce qu’il dit, encore et encore est cette recommandation d’Atma-Vichara (jnana vichara). Qu’est ce que la ‘pensée-je’ ?


Il est possible que cette terminologie (pensée-je), une fois passée au travers des multiples filtres culturels et linguistiques, puis voilée de plus d’un demi-siècle de décalage temporel, soit peu claire aux oreilles de l’homme moderne.

Même si ces réajustements à la faveur de l’homme moderne sont sans fin (puisque on est toujours l’homme moderne de quelqu’un…) et voués à la frustration (propre à tout exercice de traduction, nécessairement acte d’amputation et de mauvaise superposition per se….) nous pourrions proposer une reformulation.

Bien que tronquée (car translation linguistico-culturelle), et transitoire (car la modernité n’est jamais terminée), nous pourrions suggérer que la question sur la ‘pensée-je’, est en réalité la question suivante :

-Qui ressent ?

L’avantage de ce petit glissement est de recourir au ressenti, et ainsi de laisser affleurer une nouvelle question préalable à celle-ci…ouvrant sur une réflexion.
Avant de se poser la question de qui ressent ?, il est nécessaire d’apprendre à malaxer, manipuler, de se familiariser avec cette matière-ressenti.
C’est ici que s’insèrent les paroles de sagesse du Bouddha relatives à la Pleine Conscience.
Avant, le qui ressent ? (Maharshi), il y a le ‘je ressens’ (mindfulness).

Le recours au déroulement de l’enseignement de Ramana Maharshi permet de rappeler ce qui, du temps de Shakyamuni (le Bouddha) relevait de l’évidence.
Ce n’est aujourd’hui plus le cas, et la Pleine Conscience tourne à vide, sans enclencher un approfondissement de la quête.
Le je ressens (la mandarine, la respiration, les pas, la vaisselle, le balai….) doit mener au qui ressent ? ou quel est celui qui ressent ?

C’est précisément ici que les textes se taisent et le silence de la pratique émerge.

 

Franck Joseph

 


©FJ Jan 2019
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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