Pensées au Microscope ?

La pensée débridée, livrée à ses propres chevaux, est une fuite en avant.
Dès lors que nous la percevons, non plus sous la forme des matériaux qu’elle emprunte dans nos vies (un souvenir, une projection…) mais comme un jaillissement énergétique, finalement peu sensible aux variations locales et de saisons, vient la question du pourquoi.

Les variations locales sont l’expression que nos parcours de vie donnent aux pensées.
Tel méditant aura davantage tendance à accentuer la couleur conflictuelle, tel autre sera plus porté sur l’appréhension des jours à venir.
Les variations de saisons se reflètent sur nos pensées avec notre avancée progressive dans la vie : le vieillissement en action se distille dans nos mouvements psychiques et agrémente ceux ci en fonction de nos tendances à l’angoisse (ou de notre sagesse accrue).

La question du pourquoi.
Pourquoi tant de remous, d’allers, de retours, de tambouille dans cette même casserole ?
Pourquoi tout cela, puisque jamais aucun des fruits apparents n’offre le repos ?
Toujours, ils sont dévorés par l’arbre autophage….

Avec la question du pourquoi vient celle du comment ai-je pu..
Comment ai-je pu laisser tant d’énergie se dépenser pour rien ?
Comment ai-je pu attendre quelque chose de ce processus stérile….?
Comment ai-je pu naviguer dans cette mare de boue fermée …
…Alors que l’océan m’attendait à quelques pas de là ?

C’est alors le bon moment pour quitter la barque prise dans la boue séchée et s’en aller.

Dès lors que nous ne considérons plus la plateforme (le moi qui pense) mais la substance même du flux (le phénomène ‘pensées’ en mouvement, il est possible de tenir ce flux, entre deux lamelles de verre et l’espace d’un instant, de le placer sous la lentille du microscope. Voyons :

Lamelle supérieure : où vont nos filaments psychiques ? Ils semblent galoper depuis si longtemps et sans avoir pris la moindre mesure de leur état de fatigue ni de leur destination.
Lamelle inférieure : directement illuminée par le miroir orienté vers le soleil.

Qui suis-je, moi qui vois les organites crépiter, les filaments filer ?

Le miroir : Détourné du néon pour le soleil par la fenêtre, quelle est cette force d’éclairage, qui transperce les lamelles, les lentilles et mes yeux ?

Et le soleil ?

Franck Joseph


©FJ Jan 2019
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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