Trottoir des Violences

Matthieu marchait vers l’abribus.
A mesure qu’il en approchait, il fut frappé de l’accumulation croissante des détritus jonchant le sol.
Il lui semblait survoler des yeux la carte d’un continent inconnu. Depuis le centre des terres, il suivait du regard la route vers la côte. La densité s’accentua jusqu’à confirmer la présence d’une civilisation humaine, émergeant depuis un port.
Intimement, il n’était pas convaincu qu’avec cette présence et l’organisation que l’on lui prête, vienne le plus grand bien des individus, de la communauté, et des environnements défrichés.
Ces yeux, par ce matin de janvier, remontèrent le bitume et perçurent des tâches qu’il essaya de nommer. Dans son esprit, les mots s’agençaient :

« Et les trottoirs portent les marques de nos éclats de violence
capotes éclatés, mollards éjectés, capsules de monoxyde d’azote entassées.
Tous ces copeaux comme autant de débris projetés de l’acier des barreaux que l’on ne sait faire céder.
Micro miettes qui jamais ne suffisent à faire céder les grilles.
Sous-produits de l’épuisement vain dans la lutte.
Ce n’est pas par le combat que l’on vaincra. »

Franck Joseph

©FJ Jan 2019
Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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