L’Enivrement Matérialiste

La confusion cause/conséquence : il faut que j’y revienne.

Cette méprise est au centre de la matrice des expressions matérialistes. A chaque fois que se lève un scientifique froid pour déballer une explication biochimique, croyant ainsi révéler les secrets renfermés par l’enveloppe cutanée, il se produit la même glissade…
Ce généreux savant, si prompt à se satisfaire des lapalissades jargonisantes, à s’enorgueillir des périphrases technicisantes, confond bêtement et bruyamment la cause et la conséquence. Dans sa bouche, telles carences, tels neuromédiateurs génèrent tels comportements, telles manifestations.

Voilà ce qu’il affirme lorsqu’il observe la synchronicité carence-comportement.
Il se produit un enivrement matérialiste qui pousse à ne pas ouvrir les portes à d’autres appréciations.
(De la même manière, pour être honnête et mesuré, que la relation inverse par laquelle le monde réel est expliqué comme la résultante émanant d’une réalité hors de portée pour nos sens, est un écueil tout aussi problématique…)

L’enivrement matérialiste consiste à renforcer les chaînes d’explications qui tendent à laisser penser que tout est observable, contestable, tout est dosage, tout est inhibiteur …
Une fois payé le prix et fait le deuil de la beauté du détour poétique, le monde à portée de tubes à essais a ceci de grisant qu’au-delà de nous garantir l’admiration des profanes, il nous permet d’expliquer le monde à moindre frais.
Et à juste titre….Entendons-nous bien : je pense que leur modèle, limité, triste, ignorant est cependant valide : seulement, il n’a pas le monopole de la validité.
Dans le tube à essai du scientifique à blouse, se tiennent les résultats d’une boucle de rétroaction, les 1%, les miettes de vérité.
Vérité néanmoins, tout aussi vraie.

Les psychologies, les pathologies, elles-mêmes le fruit de phénomènes qui nous dépassent, donnent lieu à des manifestations biochimiques. En modifiant les variables biochimiques, on entre des informations dans un système complexe, ancestrale, sans notice.
De ce 1 %, on parle beaucoup.
Les variables biochimiques devraient être ce que la plaque de regard est au réseau d’égout urbain. Il permet de voir ce qui s’y trame, de comprendre où est, et d’où vient le problème, de constater la fluidité du réseau.
Je pense au médecin du moyen âge qui humait les selles de ses patients afin de connaître leurs « humeurs ». En trifouillant celles-ci, ils n’auraient pas changé celles-là.
Car la photographie, même trafiquée ne change rien au monde (99%) qu’elle tente de saisir et d’enjoliver.
Pourtant, en la posant sur la table du salon, le monde est déjà plus ‘beau’ (1%).

Cessons de placer le focus sur le psychologique ; L’alpha et l’oméga est au niveau de la conscience.
A chacun donc…

Franck Joseph

©FJ April 2019

Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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