Titanic

Parcourant quelque blog inspiré ce matin, voilà que je m’arrête sur cette citation de je ne sais plus qui, cité par je sais encore moins qui…je vous la restitue ici.

« Face aux catastrophes à venir, trier ses déchets, tenter de les réduire même, n’est en rien différent de l’attitude des membres de l’équipage du Titanic qui, voyant le bateau se précipiter irrémédiablement sur l’iceberg consacrent leurs derniers instants à remettre en place les chaises longues sur le pont. »

A la lecture de cette citation, je fus saisi d’un profond désarroi.
Tant de tergiversations pour rien. Du pathétique à tout-va.
Puis, par d’incompréhensibles cheminements, je m’aperçois en train de relier l’incohérence du dérisoire, la disproportion, l’inutilité viscérale des réactions dénoncées dans ces lignes pré-apocalyptiques à ce qui fait la pratique quotidienne dans notre tradition :
Laver son bol, marcher, se coucher, passer le balai…

Alors que ce parallèle pourrait fort opportunément être investi pour décrier nos manières d’habiter le monde, lorsque j’en presse l’éponge acidulée, c’est en réalité tout le suc apaisant de la  sagesse inhérente à ces pratiques qui en sort.
Car c’est bien cela que nous apprennent ces demi pas, ces heures d’assises, ces gestes délicatement posés, ces respirations écoutées…

Ils nous apprennent à ne pas combattre l’inéluctable. A faire ce que l’on peut, là où l’on est, non pas dans une modalité guerrière ou compensatoire de la trajectoire vers notre iceberg personnel, mais l’œil intérieur posé au-delà des mécanismes comptables et des logiques de perpétuation.

Notre sagesse est de connaître notre folie.
Notre victoire est de connaître notre défaite.  Et de l’aimer.

Car nous ne nous situons plus au plan de la musculation, de l’entraînement, de la lutte, de l’avancement, de l’ambition, de la rétribution.

En posant nos mains sur les objets du monde,
Extérieur, intérieur,
Nous touchons au travers,
C’est pour cela que nous sourions doucement.
Imperceptiblement, en pleine confiance.
L’au-delà, n’est nulle part ailleurs qu’ici.

Franck Joseph


©FJ June 2019

Poèmes, recueils, articles et romans disponibles en format papier : LIVRES ET RECUEILS

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