Sortir son Épingle du Jeu

Enrôlé dans un débat d’idée. Il me faut me positionner.
Deux solutions s’offrent à moi : prendre les choses au sérieux, et répondre rapidement à la question perpétuelle : « qu’est ce que t’en penses ? »

J’avoue que bien souvent je ne pense rien, ou presque rien…de bien des sujets. Mon statut d’être-en-société, pourtant, m’oblige à me réduire au positionnement. Cette photographie artificielle est celle que je rencontre aussi en situation de consommation.
(plutôt ketchup ou mayo, T-shirt ou chemise ?)  D’acteur connecté (je like ou je like pas ?)
Cependant, c’est bien une habitude de perception qui me laisse penser que je suis ainsi contraint aux fixations sérieuses. Explorons l’autre option :

Si je n’occupe pas une position qui n’est pas celle de la personne avec laquelle j’entre en interaction, à aucun moment je ne tombe à portée de ces mains lorsqu’elle cherche à m’empoigner.
N’étant ainsi jamais vraiment autre que cette personne, à aucun moment je ne peux servir d’exutoire à son ressenti de négation.
D’ailleurs, si je n’occupe pas une position qui n’est pas la sienne, je ne peux pas dire qu’il occupe une position qui n’est pas la mienne. Pourquoi entrerions-nous en conflit ?


Notes intermédiaires :
N’être jamais vraiment autre que lui ne signifie pas absence de position de fond mais largeur d’esprit quant à l’accueil réservé aux jeux de territorialité induits par les positionnements idéologiques et ouverture à l’intérêt supérieur.
Ne pas prendre au sérieux ne signifie pas cultiver l’ironie moqueuse ou le sarcasme désabusé mais voir au travers des échafaudages argumentaires la guerre de projections qui se joue.


Alors, la quête perpétuelle du positionnement de notre punaise sur le grand tableau des idéologies ne peut se jouer. Nous avons définitivement sorti notre épingle du jeu.

Si je deviens le tableau, et ce qui le contient,
si je suis plus large que ces cadres…quel problème saurait subsister ?
Avec souplesse et légèreté, je peux occuper l’une puis l’autre des positions.

Tout le tableau reflète toujours la vérité.
Mais la vérité n’est pas le tableau.

Franck Joseph

©FJ June 2019

Poèmes, recueils, articles et romans disponibles en format papier : LIVRES ET RECUEILS

2 commentaires

  1. « Ne pas prendre au sérieux ne signifie pas cultiver l’ironie moqueuse ou le sarcasme désabusé mais voir au travers des échafaudages argumentaires la guerre de projections qui se joue. » mais oui : c’est ex-ac-te-ment ça ! merci pour cet éclairage

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s