Nudité Psychique

Il n’est aucun moment où la nudité n’est pas.
« Toujours et en tout lieu », nous traversons le monde dans la nudité la plus totale.

Elle peut être recouverte des plus élégants artifices, drapée des tissus les plus épais, cela ne change rien. Nos formes sont. Nous demeurons dans l’emballage épidermique auquel les muscles offrent le galbe.

Cette nudité absolue, non-négociable, peut ne pas être présente à notre esprit, si nous avons tendance à nous identifier fortement aux apparences vestimentaires.

Nous pouvons très bien tomber dans le travers qui consiste à penser que si nous adoptons tel ou tel style vestimentaire  (cool, hippie, vintage, grunge, …), alors nous sommes intrinsèquement une personnalité cool, hippie, vintage ou grunge…

Il est même assez normal que nous glissions avec tant d’aisance le long de ces pentes identitaires : elles ont été savamment damées à notre attention.
Si je revêts la pomme d’écorce d’orange, je peux très bien dire que la pomme est une orange. Cela ne change rien, la pomme reste la pomme.

Dans notre cas, nous demeurons, sous les écorces amovibles.

Parlons encore méditation :
Chaque assise est une assise nue, sans les uniformes et vêtements d’usage ou de confort — le méditant est toujours nu.
Cette prise de conscience permet de transposer le constat de la nudité physique permanente à la sphère psychologique.
La nudité physique fait écho à la nudité psychologique.

Sous les couches du mental, la méditation nous rappelle à la nudité essentielle de tout notre être.
Les deux formes de réalité, incompressibles, d’essences insubmersibles (physique et psychique) ne forment à vrai dire qu’un seul état.

Cette appréciation de l’intimité non- étouffable au niveau physique qui est assez instinctive et directe à expérimenter par le méditant, peut, telle une passerelle, représenter un support didactique vers une confrontation avec notre nudité psychique.

Les vêtements dont l’esprit se pare sont nos idées préconçues, nos trames idéologiques, nos croyances quotidiennes et profondes. Comme nos goûts vestimentaires, ils évoluent au cours de notre vie, et comme nos bandes de tissus, ils ne peuvent dissimuler, par leur fatras, leur puissance émotionnelle, la nudité de l’être.

Franck Joseph

©FJ August 2019

Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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