De l’Autre Coté de la Ligne Jaune

Ce sont les vents du mental qui poussent le navire loin des côtes.
En tout sens, il louvoie sans savoir où aller,
jusqu’à ce qu’il aperçoive la ligne flottante des bouées.


Au delà de cette limite, les vents du mental ne soufflent plus guère.

S’il franchit cette démarcation, le navire est guidé par les courants profonds.
Plus savants et plus sages que tous les vents de terre.

De l’autre côté de la ligne jaune,
les voiles se détendent et le navire accepte d’être piloté autrement.
Les vents du mental sifflent au loin et si par mégarde il ne cédait plus
aux courants du large et restait trop près des bouées,

ceux-ci s’engouffreraient alors dans ses voiles abandonnées
et le conduiraient de nouveau dans les eaux superficielles.

Dans cette zone intermédiaire, les sirènes tournoient
et chantent encore 
leurs ritournelles envoûtantes.
Il n’est pas rare qu’en parvenant aux oreilles des marins,
ils se jettent à l’eau pour gagner le rivage,
pour y perdre le large.

D’autres savent que les chants et les vents hurlants
s’éteignent alors que les mâts pénètrent dans la brume avant les grands fonds.

Vêtus de foi, ils ne craignent pas d’y disparaître.

 

Franck Joseph

©FJ August 2019

Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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