Confinement : La Grande Occasion

Voici un des effets inattendus du confinement de mars 2020 :
Inattendu et à contre-courant des informations tendant à souligner la pression que ce confinement vendrait ajouter à la psychologie des confinés : de quoi s’agit-il ?

Le confinement soustrait brutalement à nos quotidiens la part de la société dans la structure familiale. L’organisme dysfonctionnel de notre société cesse de faire peser la charge de ce déséquilibre sur la cellule familiale.


Elle n’est donc plus enjointe à absorber les violences compensatoires/ décompensatoires de ce système.
Ceci est d’autant plus surprenant que cette période du confinement est décrétée par la société elle-même. Dans un sursaut de sagesse inattendue, ce super organisme mondial s’est signé une ordonnance médicale nécessaire à sa santé.

Ainsi délestée de ces contraintes extérieures, les membres de la famille peuvent se remettre à fonctionner normalement au sein de cette cellule.

J’ai entendu dire que le FMI comptait nommer cette période : « Le Grand Confinement ».
Outre le fait que l’on puisse sérieusement questionner le réflexe nomothète de cette institution (est-ce le FMI qui rédige la ligne officielle de nos livres d’histoires ? ), je ne me sens pas en résonance avec cette appellation que l’on m’impose.
Elle ne reflète pas mon confinement.
Aussi, je propose d’inscrire sur l’étiquette des représentations rétrospectives que nous aurons ce cette période le titre suivant :  : “ Le Grand Débrayage”.


Il restera dans ma mémoire comme le moment où l’environnement sociétal a cessé de faire peser le poids de ses injonctions (esclavagistes) sur la cellule familiale. Chacun des membres, après les quelques jours de consternation nécessaires à l’absorption du choc, se remet à remplir la fonction qui est la sienne, sans que celle-ci ne soit parasitée par les intrusions des modèles sociétaux.

Le débrayage des institutions scolaires et de leurs cohortes de jeux sociaux puérils cessent de brouiller les interactions familiales. L’entrisme des idées et des comportements à adopter est considérablement amoindri. Ne demeurent que la télévision et les réseaux sociaux. Coupés de la réalité frénétique qui permet leur existence, ils perdent rapidement de leur intérêt et s’étouffent souvent dans leur propre vomi.

Les relations de la fratrie retrouvent un équilibre naturel. Le couple –ses deux membres– ont aussi cessé de porter le chapeau de leur fonction sociale.
Pour peu qu’ils passent la phase de déstabilisation, ils accéderont ensemble à l’espace de communication qui était le leur en amont de toutes ces constructions artificielles.

Si le couple s’est construit sur les roches artificielles de ces représentations sociales (statut professionnel…) le grand débrayage est pour lui l’occasion d’accéder à un niveau de relation bien plus profond et de construire une entente autrement.

La ‘cellule familiale” redevient l’organisme qu’elle est et ses membres, parents et enfants retrouvent un échelon permettant la libre expression de ce qu’ils sont.

Lorsque la société soustrait son poids à la famille qu’elle envahissait, l’effet est comparable à celui des super-organismes humains dès lors qu’ils cessent d’exercer leur pleine pression sur l’environnement naturel.

Je ne suis pas convaincu que le traitement sociétal complexe de nos existences résiste à l’évaluation du rapport bénéfice/risque.
A mes yeux, ce grand débrayage est l’occasion de la décélération. Celle qui nous permettra à court terme de sortir de la complexité du bolide financier, de renouer avec l’échelle humaine de la marche à pied.

L’éclairage, ici, se veut franchement positif…non pas naïf : je n’ignore rien des difficultés psychologiques personnelles qui ne manqueront pas d’émerger lorsque le véhicule calera, ni des conséquences concrètes qui accompagnent un effondrement économique, ou des liens entre ces deux éléments.

Résolument, je porte un regard positif sur le potentiel de fraîcheur qui réside dans ce débrayage.
J’invite le lecteur à ne pas gâcher cette occasion en se projetant, fiévreux, vers le retour à l’anormal d’un déconfinement à venir.

Quel que soit le monde qui advient, je souhaite qu’il se dessine à partir des transformations mises à jour par cette période de retour à l’intériorité. 

 

Franck Joseph

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