Me Voici 

Il y aura bien un moment où il nous faudra reconnaître que tout ce cirque exotérique, qui dans un premier temps nous avait séduit, puis auquel nous nous sommes identifiés avec la fougue de l’immaturité est terriblement circulaire.

Sur la piste nous tournons.
Le spectacle, même insipide, doit continuer

Puissions-nous alors avoir la sagesse de constater  :

Me voici, 

S’engluer les ailes dans le mazout de surface.
Dans ce kolomo noir, je fais le moineau.

 Mais qu’ai-je de différent ?
Je suis toujours ce grand pélican gobeur de poissons avariés.

J’entame les sons monocordes des syllabes traditionnelles,
je fais même plonger ma voix comme dans les enregistrements des vrais japonais. 

Qu’est ce que je pense convoquer ainsi ?

En quoi suis-je différent des autres schémas d’application obsessionnelle d’une solution carrée à mon problème circulaire ?

N’est-ce pas la même chose, avec la même forme de froid dédain caricatural propre à nos expressions de ce que nous appelons zen ?

Me voici désormais.

Seul, sans les vêtements, sans les chants, sans la mallette de concepts préfabriqués qui fait taire les questions.

Sans mon discours, sans celui des autres sur la posture, sans l’esthétique du zen, sans les couleurs de l’Asie, sans les fantasmes de voyages ou de retour aux sources fantasmées.

me voici

j’ai tout perdu

tout perdu.

 

Franck‌ ‌Joseph‌ ‌

 

©FJ‌ ‌January‌ ‌2020‌

 Books‌ ‌available‌ ‌here‌ ‌:‌‌ ‌RECUEILS‌

4 commentaires

  1. Non tout n’est pas perdu malheureusement.
    Nous n’avons perdu ni notre « personnalité », ni nos habitudes, nos caractères, nos travers, nos pensées, nos écrits, notre existence, notre vie intérieure, tout ce matérialisme spirituel qui nous attache encore à l’existence. Quand nous n’aurons plus de mots, nous ne serons plus rien. Quand nous ne saisirons plus rien, alors tout sera abandonné.

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    1. Regarde plus profond.
      Il faut que ce petit jeu aussi se perde.: Apparaître comme… Je cesse d’y jouer.

      Ici les niveaux cohabitent. Le sujet s’efface en dernière ligne. Pour autant, il reste sur sa lancée.

      Bien vu: ces quelques lignes effleurent le matérialisme spirituel.
      Pas de romantisme cependant d’une vision d’existence à laisser s’estomper, d’une quelconque terre pure qui nous meriterait…. D’une incompréhension de poète en maudit.
      Matérialisme également.

      A très vite !

      Aimé par 1 personne

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