Accueillir l’Insécurité de l’Autre ?

Derrière la volonté de contrôle qu’un individu peut manifester de manière plus ou moins abominable, se cache souvent un traumatisme suite à une ou plusieurs expériences d’instabilité de l’environnement donnant lieu à une dégradation de l’équilibre psychique.

Au moindre infra signal, aux premiers soubresauts d’un comportement éventuel –réels ou fantasmé par l’individu, donnant lieu dans le dernier cas à une variante paranoïde du contrôle, l’individu se braque et entre en lutte contre un renversement potentiellement minime et /ou potentiellement salvateur.

Il plante alors sa griffe dans les acteurs de cet environnement et, tel le chaton agrippé au coussin du tabouret que l’on secoue, il s’assure de ne pas chavirer, quand bien même il lui faudrait faire souffrir ces acteurs pour cela.

Selon notre degré de proximité personnelle avec ce magma de contrôle en fusion, il n’est pas toujours aisé de lire l’angoisse d’insécurité derrière l’affirmation du pouvoir.

Néanmoins, cette mise en perspective permet, plutôt que de s’enfermer dans une affirmation réactionnelle de notre indépendance, ouvrant la voie à davantage d’insécurité et à une quête de contrôle accrue, donc à une souffrance au carré, de travailler à la sécurisation de l’individu par delà les aléas contextuels.

Où est la sagesse ?
Où est le salut ?

Pour cela, il est nécessaire d’être soi même apte à s’y ancrer, à entrer en contact avec cette dimension non mouvante de nos êtres.
Le cas de figure est ici un exemple concret de l’affirmation suivante : on ne pratique jamais uniquement pour soi.
(cf respirer pour les autres)

Il faut enfin distinguer l’affirmation réflexe de l’indépendance, d’une part — souvent émise sur le registre pseudo adolescent et emprunt d’immaturité — qui est celle à laquelle nous invitent les évolutions sociétales contemporaines, elles mêmes indexées sur les nécessités marketing : les fameux “ah ouais, hé bien moi… »,
“Je peux te dire qu’avec moi, ça ne va pas se passer comme ça… »

Et d’autre part, l’indépendance fondatrice de la pratique, celle qui initie le mouvement de mise en retrait de la société, permettant l’accueil de l’insécurité de l’autre.

Franck Joseph
©FJ March 2020
Livres disponibles ici : RECUEILS.
Merci à tous de permettre la continuation de ce projet : Soutien et Participations

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