Le Paysage un Skate à la Main


(Étudiant, j’étais totalement passionné par un jeu vidéo, lequel persistait à me maintenir éloigné des bancs de la fac pendant des heures, des jours et des semaines. Et puis, pour être honnête, à ce jeu de l’extraction scolaire, cette occupation se disputait le titre de vainqueur avec une autre jeu vidéo : Flight Simulator….auquel je jouais en fumant la pipe, me prenant pour un Jean Mermoz, alors que je traversais, virtuellement, la manche pour atterrir à Londres…
J’étudiais la linguistique anglaise, et je crois que cela me déculpabilisait de mon absence des cours de civilisation que de survoler le sol du Royaume Uni.)

Cette digression n’ayant aucun autre itinéraire que celui de la réminiscence ludique de l’auteur, je la laisse tomber au profit de l’amorce constituée par cet autre jeu :

Tony Hawk Pro Skater 2….dont l’un des modes me servira à dénoncer une tendance du monde moderne. Il s’agissait de combattre un autre joueur en “marquant” les différentes rampes, escaliers, et autres éléments du paysage de la couleur qui était celle de notre personnage skateur…
A chaque trick, réalisé avec succès, tel banc, telle table se marquait de ma couleur. Il s’agissait ainsi, pour remporter d’être celui qui, au moment où retentissait la fin du décompte, avait marqué de sa couleur la plus grande partie du paysage.

J’y vois une analogie possible avec la manière dont les gens d’aujourd’hui consomment du tourisme.
Voyager à dix heures d’avion pour accéder à des configurations au final assez proches de ce que nous trouvons à une heure de chez nous en vélo…est principalement motivé par la volonté de marquer ce territoire à notre couleur.

L’objectif inavoué est d’étendre toujours plus cette représentation que nous avons de nous même, si possible en repassant, par nos tricks de touristes là où, dans notre imaginaire ou réellement, d’autres sont passés avant nous.

La prise de conscience des mécanismes sous-jacents à notre consommation touristique est une étape cruciale à l’atténuation des affligeants dégâts causés à notre planète.

Pourquoi nous rendons nous dans telle destination ?
S’agit-il d’assouvir un besoin de parcourir tel ou tel décor ?
N’existe-t-il pas une expérience similaire abordable dans un rayon kilométrique à taille humaine ?
Ne sommes nous pas leurrés, encore et encore, par l’expression de notre magma égotique ?

Franck Joseph

©FJ Aug. 2020
L’ensemble des articles est disponible au format livre papier et e-book :RECUEILS.
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