Partout autour
Des friandises pour le ‘je’,
Des tourniquets, des manèges enchantés,
Des Queues du Mickey, des tours gratuits.
Des promotions, des soldes,
Des promotions, des réunions,
Des lobbies pour la semaine,
Des hobbies pour le weekend.
Les nacelles attachées,
Des anneaux markétés,
Encore un tour…
Juste encore un !
Errer dans les bureaux, les administrations,
Se sentir triste pour les âmes
Perdues de la photocopieuse.
Suivre les traces
Des dents sur le parquet,
Jusqu’au service achats.
Les téléphones transpirent,
Toutes les mains en l’air
Pour les primes du Mickey.
Les voitures de fonction,
Attendent le quart d’heure
Où d’autres ‘je’ pourront
Les voir avec envie.
A la foire du ‘je’
Si l’on vient faire un tour
On y gagne des prix
Puis les camions démarrent
Pour un nouveau village
Jusqu’à l’année prochaine…
Comme il doit être bon de se promener dans la foire, parmi les barbes à papa, les auto-tamponneuses, les tirs à la carabine.
Et d’écouter leur bruit, sans pourtant en souffrir.
Marcher parmi les caddies, écouter le cliquetis. La roue qui couine, coincée par une feuille de salade pourrie. Voir les huit rayons d’alcools, de viande sanguinolente. Les chemises rayées, les cartons, les palettes, derrière les portes automatiques.
Entendre la musique bariolée. Ne pas se protéger.
Les ‘je’ qui supplient pour ‘juste encore un tour’.
Et se sentir joyeux.
Franck
