Les Champs de Nuit

Habiter la nuit depuis un autre point de vue que celui du sommeil qu’elle abrite.

Habiter la nuit depuis le point de vue de la nuit.

Le sommeil, en tant que phénomène de conscience, peut-être observé.

Le sommeil, depuis toujours, est vécu et expérimenté depuis les pupilles de l’acteur des rêves.
Il peut également l’être depuis celles de celui qui sommeille.

Celui qui sommeille peut observer celui qui est rêvé, qu’il rêve ou ne rêve pas.

Plus qu’une relation de sujet/objet, envisager un continuum où tout sujet peut à son tour devenir objet.

Dans la nuit nous dormons, et dans notre sommeil, nous rêvons.
Observer le rêve depuis le sommeil, et observer le sommeil depuis la nuit.

Et observer la nuit.

Pendant qu’une partie du spectre de conscience s’adonne au sommeil, la pratique de conscience, elle, se poursuit.
D’ailleurs, elle ne s’est jamais interrompue.
La différence est que, cette fois-ci elle est investie.

Le sommeil devient objet de pratique.
Il se déroule sans polariser totalement la conscience comme il l’a fait jusqu’alors.

Le sommeil devient à la conscience ce que les pensées sont à la méditation.

À ce niveau, la méditation n’existe plus en tant que tranche de vie séparée.
À ce niveau, il n’existe rien d’autre que la méditation.

Il n’y a en réalité jamais eu de sommeil inconscient.
Il n’y avait qu’une conscience qui s’ignorait pendant le sommeil.

Au réveil, le rêve est observé comme un déroulement d’événements irréels.
Avant le réveil, il absorbait toute notre intensité d’ expérience et n’avait à nos yeux rien d’irréel.

Quand la conscience se fait plus large que le sommeil, elle perçoit le rêve avec le même regard que celui du dormeur fraichement réveillé.

La différence est qu’il n’y a plus de décalage j’étais/je suis.

(J’étais endormi, je suis réveillé et je ressens les restes d’une expérience illusoire)

Le rêve reste le rêve, il tombe simplement dans un champ de conscience habité, ensemencé, où chaque épi pépite de vie.

Et le chat traversera la pièce de la même manière selon que cent bougies soient allumées sur son passage ou qu’il n’y en ait aucune.
Le chat est le rêve et les bougies sont la conscience.

Le rêve alors devient terrain d’expérience et les éléments qui le composent imprégnent la conscience qui l’abrite.
Elle observe d’une toute autre manière. Il perd ce lien d’évanescence avec notre être.

Il peut être orienté, alimenté et sincèrement, comme on respire au travers des pensées chargées d’émotions puissantes, nous respirons en travers du contenu des rêves.

Franck Joseph

©FJ July 2018

Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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