Liberté à Perpétuité

Il n’est pas douloureux de cesser de s’attacher. Étrangement, ça ne fait pas vraiment mal.

L’impression de douleur que l’on peut parfois ressentir est comparable à l’ultime tension musculaire qui nous tire les bras et nous arque le dos alors que l’on s’apprête à déposer une lourde charge au sol. Les derniers centimètres nous semblent être les plus douloureux. De manière similaire, les derniers pincements de l’attachement, par leur vivacité, lancent un dernier assaut avant de dévoiler l’étendue de paix que leur présence à notre esprit occultait

L’attachement dont il est ici question, celui qui se trouve à l’origine de ces lignes, a pour objet une croyance profondément enracinée : celle selon laquelle notre épanouissement se trouve sur le chemin de notre relation à l’autre.
Celui-ci devient à son insu le récipiendaire de nos attentes. Et lorsqu’il nous laisse entendre, par son comportement, ses paroles, que le chemin emprunté à mesure que la relation se tisse n’est pas celui de l’épanouissement, il en résulte une souffrance aiguë.

En désindexant notre paix intérieure des agissements ou paroles de l’autre, c’est à dire en ne s’attachant plus à l’épanouissement par le détour d’autrui, il émerge un apaisement surprenant.

Ce n’est pas un individualisme qui s’insinue ici, mais un jaillissement d’une liberté autrefois contenue dans les filets dont nous entourions l’autre et nous-même.
Cette indépendance apparente révèle en réalité toutes les potentialités d’expression de notre être. Notre aire de mobilité psychologique n’est plus restreinte par les projections.

Par cette détente incroyable, nous réalisons le potentiel libérateur inhibé par les flux relationnels malsains auquel nous participions.

En ne s’attachant plus à la réalisation d’un bonheur par le biais de la structure relationnelle, nous libérons aussi l’autre de ces chaînes. Nous décrétons, avec application instantané, la liberté à perpétuité.
Nous sortons de la marchandisation de la relation qui se manifestait jusqu’ici par la danse de culpabilité, la chorégraphie de la rétribution, la ronde du renforcement positif ou de la sanction.
Il n’y a plus de stock relationnel à gérer. Rien à entretenir ou à écouler, mais un immense champ de liberté que nous offrons à l’autre, dans/par le silence de notre réalisation.

Par le déroulement des fils de sagesse, dans ce champ pousse une joie paisible. Bien au-delà de toutes les promesses de nos projections de bonheur initiales.

Franck Joseph


©FJ May 2019

Poèmes, recueils, articles et romans disponibles en format papier : LIVRES ET RECUEILS

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