Zen d’un Coup Sec

Les domaines de la spiritualité sont souvent recouverts d’une mousseline, d’un voile de coton transparent. 

Un peu comme ces gâteaux derrière la vitre, enduits d’une épaisseur brillante où les lumières viennent se refléter, créant ainsi une apparente perfection dans la réalisation pâtissière.
Les fleurs, également, sont conditionnées à la vente derrière un papier de plastique. Cela  permet les jeux de lumière et vient enrober d’artifices inutiles, un bien fourni par ailleurs gracieusement par la nature.
Cela insuffle un simili de valeur ajoutée, justifiant ainsi les transactions financières.

Aussi, je pourrais parler de ce même papier qui entoure les cadeaux des fêtes des pères dans les écoles maternelles. Celui-ci vient comme une excuse compensatoire sublimer un bricolage enfantin.

Le cœur du père,  et celui de l’enfant, a fortiori, n’ont pas besoin de ce papier plastique.

Et, pour revenir au sujet initial, c’est le nappage qui crée le “domaine spirituel”. Cette mousseline de douceur factice peut cacher la plus indigeste des fourberies.
Il s’agit là d’un biais fondateur de tous les dévoiements futurs (de la secte au frustrations personnelles, de la volonté de refuge au snobisme lugubre).

Il n’y a pas de différence entre la vie et la spiritualité. Le vocable même ne sert à rien, tant la superposition est fusionnelle.

J’aime le zen. Même s’il n’est rien, au final, qu’une orientation du regard, un panneau de bois, signalisation vitale plantée dans les tissus du vivant, dans un langage bien plus universel que celui des cadres qui lui sont habituellement reconnus.

Pour peu qu’il ne se soit pas laissé aller à se fourvoyer dans les douceurs crétines du papier bulle, le zen vient retirer la mousseline d’un coup sec, comme un vieux sparadrap qui recouvre les chairs en attente de l’air libre pour cicatriser.

Il met les deux pieds dans le gâteau et contemple la fleur nue.

L’enseignement véritable est toujours dans le sens de la vie, sous le sparadrap, et non dans la vaporisation d’un nuage d’éther factice où viennent se regrouper le âmes perdues, les butineurs des parkings de zones commerciales et les esprits oisifs sous le couvercle molletonné de “spiritualité”.

 

Franck Joseph

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Les articles et méditations sont disponibles en version papier ici : RECUEILS

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