Je suis un Peuple Puéril

Laissé à lui-même, la tendance de l’égo est à la multiplication des conflits.
Sans surveillance, il empile les représentations autour de son statut et amoncèle les menaces.
Il met en place les contre-stratégies pour assurer une stabilité toujours élusive.

Comme un mixeur mixe ou un aspirateur aspire, l’égo, à peine est-il branché, broie et concasse tous les aliments à sa portée.
Il aspire les moindres débris de pensées pour s’échafauder un renfort branlant.
Par un mouvement perpétuel où les produits de combustions servent à alimenter le foyer, il s’entretient.

Dépourvu de vision large, il évolue en peuple immature.
Immatures donc, les fruits de son activité.
Écouterait-on le sourd nous guider vers la musique divine ?

Fort heureusement, il n’est pas seul et comme un jeune enfant, on ne lui laisse pas le libre accès aux prises d’électricité.

Lorsque la mère sommeille,
elle garde un œil sur l’enfant qui explore.
cette vision toujours plus large est le Mahayana
d’où l’on observe nos marmots intérieurs, notre peuplade sauvage
s’adonner aux explorations douloureuses.

Mahayana toujours, le regard de l’homme des bois, serein, abrité et chauffé,
sur l’homme des tribus à l’heure où il découvre par inadvertance puérile
que le feu brule terriblement, que les pierres taillées s’enfoncent aisément sous la peau.

Profondément, nous sommes la forme développée de nous-mêmes et portons un regard aimant, maternel, patient, compatissant sur les pratiques chaotiques de l’égo infantile.
Lorsque l’égo regarde, bien sûr il ne voit rien d’autre que lui-même, épris de lui- même, en proie à une course folle.

L’égo n’a rien à voir…
Mais il peut être vu.

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Franck joseph

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©F.J Dec 2018

Lien vers les Recueils en version livre sur Amazon :  RECUEILS

2 commentaires

  1. Beaucoup de justesse ici. Une petite pensée cependant: il n’y a pas d’ego, cette instance est purement illusoire. Son apparente solidité et âpreté à persister lui confèrent une semblance d’existence que la vision détachée et ke samadhi dissipe sur le champ. Mais le petit jeu, vous je savez fort bien, recommence de plus belle .

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    1. oui, mais il faut bien un mot.
      finalement « égo » est plus malléable que « complexe illusoire à imbrications erratiques et fonctionnement cyclique à tendance infernale »…
      L’idéal est de ne pas rentrer dans le piège de la mise en mots. Une fois engouffré, il faut se plier aux règles de l’outil, ne serait-ce que pour mieux les tordre (poésie).
      Le langage reste une production égotique, et, suivant votre juste remarque, est tout aussi illusoire.
      Dans tous les cas, je suis convaincu que ces articles, fruits du langage, et s’appuyant sur la même logique ne présentent, au mieux qu’un intérêt périphérique.
      Ils ne sont que la forme prise par des dynamiques intérieures, elles-mêmes secondaires au regard de la pratique silencieuse.

      Ils n’ont pas prétention à l’exactitude et relèvent davantage de la peinture impressionniste avec des touches de mots.
      Rien à voir avec l’impact du paysage sur le peintre.
      bref…je me laisse encore emporter….

      Et puis, comme dit un ami commun, « il faut bien faire quelque chose ».

      Merci à vous pour cet apport (enfin, ce dés-apport) bien utile à la vue de ce message.

      A bientôt
      franck

      J'aime

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