Sur les Chemins de Moins (2/2)

Cet article fait suite à : Sur les Chemins de Moins (1/2)



De la dextérité physique et intellectuelle ?

Rien ne saurait rester.
De ceux qui nous promettent amour et réussite ?
Plus un mot ne résonnera au sortir du chemin.

Les regards amicaux disparaîtront sans faillir,
l’un après l’autre, ils s’éteindront.
Sur le chemin de moins, nul ne peut s’enfuir.
Les virages et les parallèles sont des mirages
ondulants sous le poids de la chaleur des émulations.

Sur le chemin de moins, aucune défection.

Et pourtant, au cœur même de ce sentier de sécheresse,
il nous faut chevaucher le vent

Prendre le souffle pour monture
Et sous l’élan de l’encolure,
laisser le sable du chemin
S’éparpiller aux quatre coins

et voir alors dans le sentier,
l’œil de la mort qui nous regarde
une inversion équivalente.
Et, sans cligner, se voir frémir
et converser avec les âmes frémissantes.
Entendre les discours amplifiés des auto proclamés,
convaincre et convertir, acheter, divertir
Par-delà les corps asséchés, les âmes affolées
Sans y croire vraiment.

Empli de pur, vide de temps,
l’œil de la mort enlace tout.

L’œil de l’amour embrasse encore
et pour toujours.

L’Hannya Shingyo n’est pas un austère flux japonais que l’on marmonne avec un flegme ostentatoire.
Souvent récité comme un froid constat du vide, cela ne peut suffire à lever le couvercle du coffre au trésor.
Si le sutra de la grande sagesse est aussi appelé sutra du cœur, c’est qu’il en est un cri.

Depuis ce cœur jaillit une grande joie dont les enchaînements monosyllabiques sont les perles ruisselantes.
C’est la joie du libéré qui a su voir au-delà de ce qui se donne à voir. Cet élan de libération nous transporte sur une onde de bonheur.

L’Hannya Shingyo, comme un secret qui délivre,
comme la fonte inattendue du dernier bloc qui retenait l’eau des sommets,
Comme un étreinte longtemps pressentie d’un être cher depuis toujours; sans visage défini
Comme une nostalgie planante, diffuse et puissante,
Comme une langue de l’enfance que soudain l’on reparle en s’étonnait à chaque mot :
Kan Ji Zai Bo Satsu Gyo…..

Cet article fait suite à : Sur les Chemins de Moins (1/2)

smqlzgD

Franck Joseph

©FJ March 2019

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