Trappe Ouverte sur le Refus

La réunion. Les objectifs. Les stratégies de développement.
Il n’a aucune envie de s’y rendre.
Voilà encore un caillou de plus dans la chaussure de son quotidien. Matthieu n’avait aucun besoin d’une rencontre à appréhender : l’année qu’il venait de passer l’avait déjà fourni en abondance.
Acculé, et en proie au désarroi, il se saisit de la seule chose à sa portée : deux genoux, un zafu.
La posture, par son alignement fait défiler en lui les considérations suivantes. Alors qu’il est assis, il voit avec précision au dedans de la trappe :

D’abord, l’épuisement. Il est là, indéniable et peu compréhensible.
Je le ressens suite à certains évènements imputables au dispositif de refus que je mets en place, en amont et lors du déroulement de ces événements,
la difficulté réside dans l’absence de présence de ce dispositif à la conscience. Et la manière de désamorcer ce dispositif est un chemin de conscience.

Ce dispositif de refus est insidieux, terriblement tissé d’habitudes,  nappé dans les expériences passées et empêtré dans les futurs envisagés. Il inhibe la rencontre avec l’évènement en présence. De cette non-rencontre et de l’entretien pathologique de cette non-rencontre, naît l’épuisement.

Ceci, le plus souvent prend la forme de contractions musculaires au niveau diaphragmatique, abdominal, lombaire, mandibulaire…
Cette manifestation du refus est une des manières dont notre cheval se cabre devant l’événement. La somatisation sous-jacente est aussi la plus facilement constatable.
En cela, elle représente le bout de la ficelle de tension sur laquelle il est possible de commencer à tirer pour remonter vers d’autres points de crispation plus sournois.

Il s’agit de schémas mentaux qui soutiennent et communiquent avec les crispations musculaires, en une boucle menant à l’épuisement.
Les blocages du complexe cognitivo-émotionnel (CCE), sont les schémas d’évasion sur lesquels nous focalisons : un sentiment que nous entretenons dans lequel résonne un certain passé par exemple.
Rechercher le passé en question est moins utile que de repérer le sentiment : voilà la bonne nouvelle. Celle-ci continue son œuvre lorsque nous nous apercevons que le désamorçage n’est pas une étape vers la communion avec l’instant, il est lui-même communion.
Nous pouvons également agrandir cette chaîne de synchronisme en mettant en amont l’étape de conscience.
Ainsi, prise de conscience = désamorçage = communion.

….

Quelques jours ont passé et je relis les premières lignes de cette publication. Je m’aperçois aujourd’hui qu’il est possible de les superposer aux 4 nobles vérités énoncés par le Bouddha et de constater un niveau de correspondance assez satisfaisant pour en faire brièvement état.
Je propose les substitutions suivantes :

1 : « épuisement » = souffrance
2 : « évènement » = existence

3 : « dispositif de refus » = attachement
4 : « chemin de conscience » = Octuple Sentier.

Franck Joseph

Articles en lien :
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Pour la Première Fois
L’Ailleurs Autre
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©FJ May 2019

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