Sagesse Physiologique

Il y a une forme de violence que je m‘applique à moi-même lorsque je lutte contre ce qui apparaît la nuit comme une phase d’éveil et que je cherche à tout prix à la convertir en phase de sommeil.

Malheureusement, le monde (principalement professionnel), tel que nous l’habitons ne permet pas d’endiguer la violence inverse que nous exerçons souvent à notre propre égard : la nécessité de convertir les phases de sommeil en phase d’éveil. 

Je dois dormir; comme on hurle au secours, mon corps hurle au sommeil, et je ne peux pas…

C’est d’ailleurs peut-être dans ce que nous appelons ici la violence miroir que se trouve l’origine (l’image originelle) de la violence que je m’inflige la nuit : me sachant condamné à ne pas pouvoir dormir quand je le dois, je me condamne à un sommeil nocturne, qu’en cette saison de vie, mon corps ne réclame pas.

En le contraignant, par toute une panoplie d’artifices plus inefficaces les uns que les autres, et  pouvant faire l’objet d’un traité dédié (le grimoire des recettes inefficaces au sommeil), je lui impose, je m’impose un processus dissonant au regard de mes constantes biologiques naturelles.

Cela reviendrait à manger, lorsque l’on a pas  faim, pensant ainsi anticiper une impossibilité future de s’alimenter. A mon corps, alors, j’impose un chamboulement grossier dans ses mécanismes subtils.

Accepter l’écriture, dans mon cas, cette nuit, est une alternative constructive et harmonieuse à la violence banalisée du sommeil que l’on  veut faire venir, en vain.
Le sommeil, pour inonder la conscience en phase d’éveil, doit trouver un terrain paisible, aplanit, et serein.
Soit tout le contraire de ce que je contribue à proposer par la maltraitance et la non écoute, de jour comme de nuit.

Cette étape fondamentale dans la voie vers un rééquilibrage des relations à ce corps plus ou moins fatigué est l’acceptation de la non-possibilité de performance…
Ou plus directement, le refus de se plier à l’injonction de performance et d’optimisation qui assaisonne toutes nos activités diurnes et maltraite le besoin propre à la phase de reflux des océans de nos corps.

A marée basse, massée basse.

Ne tournoie pas sur la plage en vain
L’eau ne remontera pas davantage

Le respect premier, même s’il ne se concrétise pas par un sommeil…
Est avant tout une écoute, une connaissance, une sagesse physiologique.

©FJ August 2021
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